Faire sa Lettre de Motivation

La lettre de motivation est plus que jamais un élément central de votre dossier vu que rares sont ceux qui ont fait des stages en industrie ou même en recherche (merci le COVID).

Rédiger sa lettre de motivation est l’occasion idéale de s’interroger, d’expliquer vos envies et ambitions pour l’avenir ainsi que de les mettre en perspective avec vos expériences passées.

Vous devez répondre à un certain nombre de questions en fonction de votre parcours :

  • Pourquoi ce POP et pas un autre ?
  • Pour quels débouchés ?
  • En quoi vos enseignements, options, activités, stages passés vont vous aider à avancer dans cette voie ?

Comme nous l’expliquons dans notre sujet sur les PIR et M1, c’est à vous de justifier de la cohérence de vos choix d’options, même si au premier abord, le lien avec l’industrie est distant. Elles vous ont forcément apporté quelque chose dans la construction de votre parcours (culture scientifique, ouverture sur les problématiques du monde du médicament, …). Bref toutes les options sont des atouts pour peu que vous les mettiez en valeur.

Bien sûr, vous rédigez pour être lu, donc vous adopterez une mise en pages lisible (paragraphes bien découpés pour rythmer la lecture, police simple), un style simple et clair (pas de phrases à rallonge, syntaxe impeccable, pas de fautes d’orthographe). Mieux vaut faire relire sa lettre pour ne pas passer à côté de quelque chose.

On va développer un exemple concret (toute ressemblance serait fortuite) : 

Alex a fait le PIR PPT en 3A qu’il a validé, il a malheureusement redoublé sa 3A et il a choisi cette fois de s’inscrire en UELC Faux médicaments et Santé et Défense. Arrivé en 4A, il se retrouve devant une feuille blanche pour sa lettre. 

Bah il a plein de choses à dire ! 

Alex s’est dit que la toxicologie l’intéressait, ça tombe bien, il a fait des UMRs cohérentes en PPT en plus y’ a pleins de masters de toxicologie à la fac ça c’est un truc à raconter dans sa lettre. Son redoublement l’ennuie par contre, il voit ça comme une grosse tache sur son dossier, mais rien n’est joué d’avance ! 

Redoubler ne veut pas dire un an perdu : il a complété son parcours avec des UELC, à lui de les mettre en valeur. 

Pour Faux médicaments c’est facile : les médicaments falsifiés sont un vrai problème avec le développement du commerce en ligne et une source importante d’intoxication.

Pour Santé et Défense, Alex se souvient qu’on leur a parlé du problème du terrorisme chimique (les attaques au chlore en Syrie, etc …), c’est aussi un sujet qui l’a motivé pour faire de la toxicologie.

Niveau stage, à cause du covid c’est pas génial … mais il a bossé en pharma. On l’a formé sur les surdosages, il a pu faire un peu d’éducation thérapeutique pendant la crise : il fallait bien apprendre aux gens que gober des dolipranes et de la vitamine C n’allait pas les sauver du virus mais flinguer leur foie. La toxicologie c’est du quotidien pour le pharmacien.

Et tout ça c’est en dehors des éléments personnels d’Alex qui font de lui un candidat unique (ses activités, ses engagements associatifs, …). Le but est de démontrer son ouverture d’esprit et sa proactivité.

Un élément central : son projet futur, « faire de la toxicologie » ne veut rien dire, Alex doit répondre à la question : dans quelle spécialité (environnementale, clinique, …) pour quel cadre de travail (dans des agences gouvernementales, pour des industriels ?). Il faut savoir que la transversalité est le maître mot dans l’industrie : aujourd’hui, les différents services coopèrent et un pharmacien toxicologue a aussi besoin de notions d’assurance qualité ou de production entre autres. Bien sûr, il peut ne pas être certain, c’est normal, il pourra changer d’orientation, le parcours universitaire est très loin de refléter l’intégralité d’une carrière. Il s’agit de montrer qu’il y a pensé. 

Une autre question fondamentale : pourquoi ne pas faire internat ou officine ? après tout, la toxicologie c’est un gros pôle à l’hôpital et il existe des passerelles avec le monde de l’industrie pour des anciens internes. Idem en officine. Il faut s’interroger là-dessus pour montrer qu’on ne fait pas un choix par défaut.